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Gros-Morne, Canada, fjord et montagne

Canada · Terre-Neuve-et-Labrador

Gros-Morne

Gros Morne National Park · Parc national du Gros-Morne

ExceptionnelGéologie remarquableGrande natureCôtes et îles

Sur une île de l'Atlantique, un désert orange expose des roches du manteau terrestre tandis que des fjords glaciaires, soulevés puis coupés de la mer, sont devenus des lacs d'eau douce.

Photo : Michel Rathwell from Cornwall, Canada · CC BY 2.0

Pourquoi ce lieu figure dans la sélection

Gros-Morne est un manuel de tectonique à ciel ouvert. En quelques dizaines de kilomètres, il montre l'ancienne marge continentale de l'Amérique du Nord, des sédiments de l'océan Iapetus, une tranche complète de croûte océanique et du manteau arrachée puis poussée sur le continent. Cette obduction a contribué à convaincre les géologues du fonctionnement de la tectonique des plaques. Les glaciers ont ensuite décapé les structures, creusé des vallées spectaculaires et laissé des fjords isolés de l'océan par le relèvement des terres.

Présentation

Le parc occupe la côte occidentale de Terre-Neuve. Les Long Range Mountains, prolongement des Appalaches, dominent des basses terres littorales, des forêts et de longs bras d'eau enfermés entre des falaises.

Western Brook Pond ressemble à un fjord marin mais contient de l'eau douce. Ses falaises précambriennes atteignent environ 670 mètres au-dessus de la mer et portent des cascades parfois dissipées en brume avant d'atteindre le lac.

Au sud, les Tablelands rompent avec le vert environnant. Leur péridotite riche en fer s'altère en orange et forme des sols pauvres, toxiques pour de nombreuses plantes. Cette roche vient du manteau supérieur, normalement caché sous plusieurs kilomètres de croûte.

Le parc se trouve dans le territoire traditionnel des Mi'kmaq et dans une région façonnée par les communautés côtières de Terre-Neuve. La pêche, les sentiers et les récits locaux restent liés à ce paysage marin et montagnard.

Superficie UNESCO
1 805 km²
Âge des falaises de Western Brook Pond
environ 1,25 milliard d'années
Hauteur des falaises
jusqu'à environ 670 m
Point culminant
806 m
Inscription UNESCO
1987

Histoire géologique

Il y a plus de 500 millions d'années, l'océan Iapetus s'ouvrait entre des continents. Sur la marge de Laurentia se sont déposés carbonates tropicaux, boues et sédiments de talus. Plus loin se formaient basaltes, gabbros et péridotites de la lithosphère océanique.

Lorsque l'océan a commencé à se fermer, vers 470 à 450 millions d'années, une tranche de plancher océanique et de manteau a été charriée sur le bord du continent au lieu de plonger entièrement en subduction. Cet assemblage, appelé ophiolite, constitue notamment les Tablelands.

La collision a plissé, faillé et empilé les terrains, construisant une ancienne chaîne appalachienne. Plus de 400 millions d'années d'érosion ont retiré les roches supérieures et exposé la péridotite. Son olivine réagit avec l'eau et l'oxygène, produisant serpentine et oxydes ferriques.

Les glaciations quaternaires ont recreusé les vallées et surcreusé des bassins sous le niveau marin. Après la fonte, la croûte libérée du poids de la glace s'est relevée. Des seuils et dépôts ont isolé certains fjords, dont Western Brook Pond, progressivement dessalé par les apports d'eau douce.

Comment le système fonctionne aujourd'hui

Le gel, les tempêtes atlantiques, les vagues et les ruisseaux continuent d'éroder la côte et les plateaux. Les cascades entaillent les parois des anciens fjords. Dans les Tablelands, l'altération de la péridotite nourrit des eaux très alcalines et des sols inhabituels. Le relèvement postglaciaire ralentit, tandis que la hausse actuelle du niveau marin reprend l'avantage sur certains rivages.

Le vivant

La rencontre entre côte, forêt boréale et plateau alpin favorise caribou, lièvre arctique, lagopède alpin et arlequin plongeur. Les Tablelands portent une flore clairsemée adaptée aux sols riches en magnésium et pauvres en nutriments. Dans les forêts, l'orignal introduit a brouté les jeunes arbres à une intensité telle que certaines zones ne se régénéraient plus, entraînant une gestion active de sa population.

EspèceNom scientifiqueListe rouge
Caribou des boisRangifer tarandus caribouVU
Arlequin plongeurHistrionicus histrionicusLC
Lagopède alpinLagopus mutaLC
Lièvre arctiqueLepus arcticusLC
Saumon atlantiqueSalmo salarNT

L'insularité de Terre-Neuve et les sols ultramafiques créent des communautés régionales et des refuges botaniques très localisés.

Saisons

janfévmaravrmaijuijuiaoûsepoctnovdéc

Vent, brouillard et pluie peuvent survenir rapidement. Les excursions nautiques et routes saisonnières dépendent des conditions.

juin, juillet, aoûtFloraison et dégel des plateaux
mai, juin, juilletBancs de brume côtière
septembre, octobreCouleurs de la forêt boréale
novembre, décembre, janvier, février, mars, avril, maiNeige et glace sur les hauts plateaux

Conservation et fragilité

Les archives géologiques sont intactes et bien protégées; la forêt, les espèces froides et les littoraux subissent davantage les pressions biologiques et climatiques.

eleveEspèces invasives L'orignal introduit bloque localement la régénération forestière.
eleveRéchauffement climatique Réchauffement, perte de neige, tempêtes et hausse marine modifient plateaux et côte.
moderePression touristique Érosion et piétinement se concentrent aux Tablelands et autour de Western Brook Pond.
modereExtraction minière, pétrolière ou forestière Les projets pétroliers régionaux peuvent affecter le paysage et l'intégrité du contexte.
Les pierres orange ne sont pas des souvenirs : elles constituent une coupe rare dans la planète. Les laisser en place protège à la fois la science et la lecture du paysage.

La Terre en mouvement

Le parc restaure sa forêt boréale après des décennies de surbroutage par l'orignal introduit. Le climat modifie neige, glace, tempêtes et érosion côtière; les espèces froides des plateaux disposent de peu d'espace pour monter davantage. Les projets pétroliers aux abords du bien ont aussi montré que la protection de son paysage géologique dépend des décisions prises hors de ses limites.

Règles essentielles

  • Ne prélever aucune roche, péridotite ou fossile.
  • Rester sur les surfaces durables dans la végétation fragile des Tablelands.
  • Préparer navigation et vêtements pour une météo changeante.
  • Respecter fermetures, quotas et consignes concernant la faune.
  • Nettoyer les équipements pour limiter le transport d'espèces invasives.

Sources

  1. Gros Morne National Park · UNESCO World Heritage Centre · consulté le 2026-08-23
  2. The Tablelands · Parks Canada · consulté le 2026-08-23
  3. Western Brook Pond · Parks Canada · consulté le 2026-08-23
  4. Gros Morne National Park Management Plan 2019 · Parks Canada · consulté le 2026-08-23

Dernière vérification : 2026-08-23. Statut éditorial : fact_checked.