
Tanzanie · Régions de Mara, Arusha et Simiyu
Parc national du Serengeti
Hifadhi ya Taifa ya Serengeti · Siringet (Maasaï)
Deux millions d'herbivores tournent avec les pluies autour d'une immense savane, suivis par la plus complète assemblée de grands prédateurs d'Afrique.
Photo : Giles Laurent · CC BY-SA 4.0
Pourquoi ce lieu figure dans la sélection
Le Serengeti est un processus mobile, pas une concentration permanente. Les gnous suivent la repousse des graminées et l'eau disponible sur une boucle d'environ mille kilomètres entre Tanzanie et Kenya. Les cendres des volcans du Rift créent au sud des sols minces riches en nutriments, idéaux pour la mise bas, tandis que les rivières du nord assurent le passage de la saison sèche. Nulle part ailleurs une migration terrestre intacte ne déplace autant de biomasse.
Présentation
Le parc protège près de 15 000 km² au cœur d'un écosystème plus vaste qui comprend Ngorongoro, Maswa, Grumeti, Ikorongo et le Maasai Mara. Ses plaines méridionales paraissent uniformes, mais la hauteur de l'herbe, la disponibilité en eau et la nature des sols y changent sur quelques kilomètres.
Entre janvier et mars, les troupeaux se rassemblent sur les plaines à herbe courte du sud. Les naissances des gnous sont synchronisées en quelques semaines. Quand les pluies diminuent, les animaux gagnent l'ouest puis le nord, franchissant rivières et territoires de prédateurs avant de revenir vers le sud avec les petites pluies.
La migration comprend surtout des gnous, mais aussi des centaines de milliers de zèbres et de gazelles. Chacune exploite différemment l'herbe : les zèbres ouvrent les peuplements hauts, les gnous consomment la repousse courte et les gazelles sélectionnent les parties les plus nutritives.
Le nom vient du maa, langue maasaï. Ces plaines ont longtemps été parcourues par des pasteurs avant la création du parc et leur exclusion. Le fonctionnement écologique ne doit pas effacer cette histoire humaine ni les conflits actuels autour des limites.
- Parc
- 14 763 km²
- Migration
- environ 2 millions d'herbivores
- Trajet annuel
- environ 1 000 km
- Oiseaux
- plus de 500 espèces
- Inscription UNESCO
- 1981
Histoire géologique
Le socle précambrien affleure dans les kopjes, blocs de granite arrondis qui émergent au-dessus des plaines. Leur altération en boules résulte de fractures élargies sous le sol, puis de l'enlèvement des matériaux meubles. Ces îlots offrent abris, eau temporaire et points d'observation à de nombreuses espèces.
Les plaines du sud doivent leur fertilité aux volcans de la branche orientale du Rift, notamment aux centres de Ngorongoro et de l'Oldoinyo Lengai. Le vent a transporté leurs cendres vers l'ouest. Des horizons durcis limitent l'enracinement des arbres et favorisent les graminées courtes.
Plus au nord et à l'ouest, les sols sont plus profonds et la pluie plus abondante. Les savanes arborées puis les boisements remplacent progressivement l'herbe rase. Cette géologie discrète produit donc la carte des ressources qui guide la migration.
Comment le système fonctionne aujourd'hui
Les petites pluies commencent souvent vers octobre ou novembre, les grandes pluies culminent de mars à mai. Les troupeaux répondent à la verdure détectable à distance et non à un calendrier fixe. Le feu consume l'herbe sèche, libère des nutriments et entretient les paysages ouverts. Les prédateurs résidents occupent des territoires, tandis que hyènes et lions ajustent déplacements et reproduction à l'abondance des proies.
Le vivant
Le parc abrite gnous, zèbres, gazelles, buffles, girafes et éléphants, avec lions, léopards, guépards, lycaons et hyènes. Plus de cinq cents espèces d'oiseaux utilisent les plaines, boisements, kopjes et zones humides. La valeur du système réside dans l'intégrité des relations entre pâturage, prédation, feu, charognage et recyclage des nutriments.
| Espèce | Nom scientifique | Liste rouge |
|---|---|---|
| Gnou bleu | Connochaetes taurinus | LC |
| Lion | Panthera leo | VU |
| Guépard | Acinonyx jubatus | VU |
| Lycaon | Lycaon pictus | EN |
La singularité vient de l'abondance, des interactions et de l'intégrité migratoire plutôt que d'un fort endémisme.
Saisons
La pluie commande le mouvement. Aucun secteur ne peut garantir un passage à date fixe.
| janvier, février, mars | Mise bas sur les plaines du sud |
|---|---|
| mars, avril, mai | Grandes pluies et dispersion |
| mai, juin, juillet | Progression vers l'ouest et le nord |
| août, septembre, octobre, novembre | Concentration dans le nord puis retour |
Conservation et fragilité
Le cœur du parc demeure très intact, mais la migration dépend de corridors extérieurs soumis aux routes, clôtures, agriculture et croissance des établissements humains.
La Terre en mouvement
La position des troupeaux varie avec chaque saison. À plus long terme, changement climatique, clôtures, routes, agriculture et pression démographique sur les marges peuvent couper les corridors. La migration ne survivrait pas dans un parc isolé : elle dépend de l'ensemble transfrontalier et de l'accès continu aux plaines de mise bas et aux refuges de saison sèche.
Règles essentielles
- Rester sur les pistes ouvertes.
- Ne jamais entourer ni poursuivre un troupeau.
- Garder ses distances avec les franchissements de rivière.
- Ne nourrir aucun animal.
- Respecter les limitations de vitesse et les horaires.
Sources
- Parc national de Serengeti · Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO · consulté le 2026-08-23
- Serengeti National Park · UNESCO World Heritage Centre · consulté le 2026-08-23
- Tanzania National Parks · TANAPA · consulté le 2026-08-23
Dernière vérification : 2026-08-23. Statut éditorial : fact_checked.